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L’exubérance créative du réel

12 Mars 2020, 11:09 Figurations Publications


Quand le monde nous semble vaciller sur ses bases, un regard jeté sur une fleur suffit pour rétablir l’ordre.

Ernst Jünger (1945).

Après quelques milliers d’années à représenter des bisons sur les parois des cavernes, les peintres ont doucement évolué, et un beau jour ils se sont mis à peindre… Des fleurs ! Evidemment, l’histoire de l’art résumée ainsi serait un peu légère, mais la légèreté ne messied pas à un tel sujet. Légèreté d’une forme vivante à la beauté d’autant plus précieuse qu’elle est éphémère et fragile. Peindre des fleurs demande à la fois beaucoup de savoir-faire et beaucoup d’humilité : l’artiste le plus inventif devra reconnaître que peu de formes imaginaires peuvent rivaliser avec les dessins, les textures, les nuances déclinées à l’infini par les fleurs dans la nature. Observer avec soin, contempler avec émotion, se laisser emporter par cette exubérance créative du réel tout en affinant sans la rigidifier sa technique de peintre, c’est le pari complexe et délicieux de toute peinture de fleurs.


Qui se souvient de la première fois où il a vu une fleur ? C’est une bonne question à se poser si l’on veut mettre ses pas dans ceux de tant de grands artistes qui en ont peint avant nous. Des fleurs. Cette curiosité de la nature qui donne à croire qu’un végétal, a priori dépourvu de pensée ou de sentiment, utilise néanmoins la beauté, le charme, pour exister et se reproduire dans la nature.


Pourquoi les fleurs nous charment-elles ? Alors que ce n’est pas nous qui les pollinisons, que nous ne leur servons à rien au fond. Réfléchir à cela, c’est tenter de mettre dans le portrait d’une fleur autant d’attention et de finesse psychologique que l’on pourrait en mettre dans un portrait humain.


En effet, les grands peintres sont sans doute ceux qui, au-delà de leur maîtrise technique, savent être réceptif aux efforts que déploient telle rose, tel hibiscus, telle euphorbe pour capter leur attention. Quand on regarde le bouquet d’un maître flamand, une simple rose de la main de Redouté, ou les gros plans de fleurs de Georgia O’keeffe, on comprend qu’il ne s’agit pas d’images anonymes que l’on pourrait trouver dans un catalogue de jardinage, mais de véritables portraits d’être vivants avec lesquels passe une forme mystérieuse de communication.


L’artiste, comme la nature, ne doit pas être pressé par le temps. Allez chez le marchand de semences, mettez en terre quelques graines de fleurs, et attendez qu’elles germent pour les peindre jour après jour, au gré de leur apparition, de leur croissance, de leur épanouissement. Bien observer une fleur, est-ce se contenter d’un regard aiguisé le temps d’une séance de croquis ? Ce pourrait être aussi s’engager dans une relation durable avec elle, depuis sa conception jusqu’à ses plus beaux jours. Puis, dessin après dessin, accueillir avec bienveillance les premiers signes de flétrissure, et en faire une œuvre pleine de tendresse pour représenter, au-delà de cette simple fleur, le chemin de la naissance à la mort de tout être vivant.

 

Illustration : peinture de Françoise Guillemare
 

Pour voir l’infini dans un grain de sable
Et le paradis dans une fleur sauvage,
Saisis l’infini dans la paume de ta main
Et l’éternité dans l’heure qui passe.

William Blake (1757-1827)

Texte extrait de "Peindre en liberté n°5, la figuration créative"

230 pages 21 X 29,7 cm - Recueil de textes d'Yves Desvaux Veeska, publiés dans Artistes magazine de 1997 à 2015.

L’exubérance créative du réel

Stages de peinture en Bourgogne

Le confinement imposé par l'épidémieCovid-19 est annoncé pour 15 jours, depuis le mardi 17 mars. Cependant, il est quasi certain qu'il sera prolongé. Aussi, le stage du 4 au 11 avril sera tout aussi certainement annulé. Un atelier par internet sera mis en place.

C'est pour vous, pour moi, un souci, mais pensons surtout aux soignants sur la brèche, aux malades déjà atteints et ceux à venir, aux personnes endeuillées... En nous souhaitant d'être épargnés par ce virus insaisissable.

 

Stage du 4 au 11 juillet : complet.

Dernières places libres pour le stage du 11 au 18 juillet.

 

Cours de peinture à La Garenne-Colombes et à Paris :

Interrompus aussi pour cause de confinement. Un cours par correspondance est mis en place.

L’exubérance créative du réel

Un livre d'Yves Desvaux Veeska, allégé en esprit de sérieux, ce qui ne peut pas faire de mal par les temps qui courent :

Le sens de la vie expliqué aux futurs morts - Yves Desvaux Veeska

Le sens de la vie (expliqué aux futurs morts)
Une vie paisible, discrète, même terne, ne me fait pas peur. Et j'ai presque réussi à vivre une telle vie. Je n'ai pas bâti le viaduc de Millau, je n'ai pas conçu l'Airbus A380. Je n'ai pas été élu Président de la République. J'ai même su ne produire aucun chef-d’œuvre d'aucune sorte à ma connaissance. Il n'y a rien de grand que je ne sois parvenu à éviter de faire. De tout cela, il ne me restait plus qu'à tirer un livre. Un petit livre pas cher.
 

L’exubérance créative du réel

2 expositions d'artistes qui participent aux ateliers Peindre en liberté

Marie Verbois

"Solitudes océaniques"

Jusqu'au 22 mars 2020

Maison de l'Etang
4 rue de l'Etang 78430 Louveciennes

Peintures de Marie Verbois à voir sur internet : ici et

L’exubérance créative du réel
L’exubérance créative du réel

Colette Yazigi

Jusqu'au 20 mars 2020

MJC Théâtre de Colombes
96-98 rue Saint-Denis 92700 Colombes

 

Si Colette YAZIGI participe au cours du jeudi après-midi à La Garenne, elle expose ici surtout les peintures… faites hors de ce cours, et hors de l'influence de ce cours. Mais son invitation donne envie d'en savoir plus.

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