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106. Art de l'obscurité

13 Février 2013, 17:09 Techniques formelles

J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ;
Il n’est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique.

Jean de La Fontaine, Les amours de Psyché.

La couleur noire, et les teintes ténébreuses en général, ne laissent personne indifférent : répulsion pour certains, fascination pour d’autres. L’obscurité renvoie à des sensations contradictoires illustrées par les écrivains et poètes cités au début et à la fin de cette page. Accompagnant sa dimension expressive, l’obscurité offre aussi au peintre des difficultés techniques. En l’absence de contrastes évidents de couleurs et de valeurs, les moyens pour structurer une composition sont réduits, mais aussi concentrés :

  • La création de reliefs par collage, pliage ou mortiers est une solution qui permet de faire jouer la lumière sur la surface peinte, et ainsi de donner présence et profondeur à l’obscurité. Pour un résultat lisible, les reliefs structurés seront préférables aux reliefs informels (illustrations : Brigitte Balon, Claire Thieullent).
  • Peindre sur un fond noir transforme aussi avantageusement les couleurs vives, en leur conférant profondeur et volume (illustrations : Sylvie Gabisson et Claire Thieullent)

106-Claire-Thieullent-2004

Peinture de Claire Thieullent

 

106-Brigitte-Balon-2010

Peinture de Brigitte Balon

 

106-Claire-Thieullent-2004-

Peinture de Claire Thieullent

 

106-Sylvie-Gabisson-2004

Peinture de Sylvie Gabisson



Ma grand mère m’a très tôt appris comment cueillir les étoiles : la nuit, il suffit de poser une bassine d’eau au milieu de la cour pour les avoir à ses pieds.

Fatou Diomé, Le ventre de l’Atlantique, 2003.

Au cours d’une nuit de l’Islam qu’on appelle la Nuit des Nuits, les portes secrètes du ciel s’ouvrent toutes grandes et l’eau est plus douce dans les cruches…

Jorge Luis Borges, Fictions, Tlön Uqbar Orbis Tertius.

Qui peut se rappeler la première fois qu’il a vu la couleur jaune ou le noir, ou la première fois qu’il a discerné le goût d’un fruit, car il était sans doute alors très jeune et il ne pouvait savoir qu’il inaugurait là une très longue suite de perceptions.

Jorge Luis Borges, La nuit des dons.

Je suis la tristesse même, mais non la vilaine et pauvre tristesse qui assombrit tout. La mienne brille comme une étoile, elle illumine le chemin de l’Art à travers l’effroyable nuit de la vie.

Apollinaire, dans une lettre à Robert Delaunay.

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commentaires

Marie Louise Delizy 16/02/2013 09:49

Quand les yeux ne peuvent plus voir ce que la main dessine, il reste la couleur. Celle qu.on a emmagasinée à force de regarder le ciel, les arbres... Elle jaillit du fin fond de la mémoire pour
éclater joyeuse et triomphante sur la toile de l'artiste.

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