Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

302. Uccello - Picasso

1 Janvier 2015, 06:00 Figurations

302. Uccello - Picasso

Recopiez au crayon, lentement, fermement et en détail, le dessin de la Bataille de San Romano tel qu’il apparaît sur l’image ci-dessous. Mais recouvrez votre main qui dessine d’une feuille de papier pour ne pas voir ce qu’elle fait.

L’association de la lenteur, de la fermeté et du sens du détail imposés au travail de la main, avec la dislocation provoquée par l’exécution « à l’aveugle » dégage de soi-même un effet de style à la fois aléatoire et cohérent.

Pour ne pas risquer une dislocation extrême et inutilisable, réalisez un format proportionnel délimité par de l’adhésif, servant à repérer les limites de la feuille et à évaluer au toucher la position de votre trait.

Après cette étape, reprenez le dessin de visu pour retravailler les déformations obtenues en analysant les grandes lignes du tableau d’Ucello :

•    Déroulement horizontal du tableau
•    Mouvement vers la gauche
•    Scansion des lances, des jambes des chevaux et des cavaliers
•    Géométrie des harnais, des étendards, des costumes
•    Raideur et enchevêtrements
•    Opposition des figures principales et secondaires

En vous appropriant les procédés graphiques de Picasso (découpages, superpositions, jeux de valeurs et trames) vous allez recréer l’idée de bataille à partir de votre dessin à l’aveugle.

Surtout, évitez d’en corriger les dislocations. Servez-vous de celles-ci au contraire, en donnant simplement de la tension aux courbes, en raidissant les lignes chaotiques. Vous devez obtenir une figuration distordue et expressive comme chez Picasso, avec ce côté tendu qu’on trouve aussi bien chez Uccello que chez Picasso.

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

302-Uccello-Picasso.jpg

(Reprises d'exercices datant des années 85-92)

 

Dessin à l’aveugle
Action consistant à dessiner en regardant attentivement et méticuleusement une image prise pour modèle, mais sans regarder la main qui trace sur le papier. Cette technique, pour donner des résultats intéressants, doit partir d’images complexes, et le dessinateur doit s’attacher à suivre au plus près son modèle en détail (en se repérant au toucher pour savoir où il se situe dans sa feuille).  En respectant ces règles, on retrouve l’image modèle, mais disloquée d’une manière souvent étrange et fascinante. Ce procédé en revanche ne produit qu’un gribouillis sans intérêt  si le dessin est fait rapidement, sans soin ni réelle attention, ou à partir d’une image trop simple. En effet, c’est la tension entre la précision de l’observation et du geste, et la déconnection du regard, qui crée l’étrangeté.
 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

Haut de page