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Abstraction, figuration ?...

par Yves Desvaux Veeska 21 Janvier 2011, 12:11 Publications

Abstraction figuration peindre en liberté
Peinture d'Isabelle Bisson (vachement abstraite)
Ce vieux débat, qui divisait le monde de l'art dans la première partie du siècle dernier, n'est pas éteint chez ceux qui pratiquent la peinture aujourd'hui. Souvent, c'est une question que l'on me pose quand on veut s'inscrire dans l'un de mes cours ou stages : - Mais vous ne faites que de l'abstraction ? Ou bien : - je fais de la peinture figurative, et je voudrais passer à l'abstrait...
 
Longtemps, la peinture occidentale a été figurative, mais ce n'était qu'un de ses aspects. Un tableau avait une fonction utilitaire, de célébration, de description, etc...  Mais au-delà du motif du tableau, il y a toujours eu sa qualité plus ou moins grande en tant que peinture. Un portrait peint par Titien ne vaut pas par sa ressemblance avec le modèle (qui ne nous importe plus) mais par sa qualité propre de peinture. Aujourd'hui, la fonction utilitaire d'un tableau n'existe plus sauf exception, et on peint juste pour peindre. Qu'une représentation soit présente ou non dans le tableau n'est qu'un choix que chacun fait selon sa sensibilité. Mieux vaut une bonne peinture figurative qu'une mauvaise peinture abstraite, et vice-versa.
 
Ensuite, il faut se rendre compte que la notion de représentation est relative : une photo satellite, ou une vue au microscope électronique, sont des représentations du réel, mais étrangères à la réalité perçue dans les siècles passés. De même, une photo banale de Manhattan, avec des tours, des taxis, des enseignes lumineuses, montrée à un indien qui n'aurait jamais quitté la forêt amazonienne serait perçue comme un objet coloré dépourvu de référence à la réalité.
 
Enfin, pour finir, dans notre culture où la peinture abstraite a plus de 100 ans d'existence, toute peinture de ce type finit par se référer à la réalité de la peinture abstraite elle-même. Un Mondrian, un Kandinsky, sont devenus des objets familiers, reconnaissables, qui se figurent eux-mêmes. D'ailleurs, Kandinsky employait le terme de "peinture concrète". Dans le sens où un carré rouge représente un carré rouge. Tandis que de la peinture gris, bleu, rose sur une toile ne représente pas un ciel, mais l'idée que l'on se fait d'un ciel. L'image figurative est une métaphore du réel, l'image abstraite est le pur réel de ce qu'elle est.
 
Figurative ou abstraite, la peinture commence à me plaire quand l'artiste, quel que soit son niveau, ne cherche pas à imiter ce qu'il croit être de la bonne peinture, qu'il s'agisse de néo-impressionnisme de sous-préfecture, de minimalisme zen bcbg, ou de tout autre genre codifié par le milieu d'où il vient. La bonne peinture n'est pas celle que l'on croit. Quelle est-elle ? La réponse est dans la pratique, et encore pas toujours. Cette incertitude fait aussi le sel de la vie de peintre.
 
19 février 2010
 
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