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Improviser un atelier, improviser une peinture

13 Mai 2026, 08:00 Stages peinture été 2025 Peinture - format stage

Pour renouveler la peinture, il faudrait que peindre devienne un délit, que ce soit interdit, que la vente de fournitures pour peindre soit aussi interdite…
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Valère Novarina, citant Dubuffet, France Culture, Masterclasses 09-07-2017

Début du compte rendu, en texte et en images
du stage peinture à La Grange de Planechaud
4 août -5 août - 6 août 2025

Ci-dessous, introduction pour décrire le contexte.

 

ou

 

Aller directement aux énoncés des exercices proposés, et aux photos des peintures réalisées.

 

🔷

Planechaud se situe au fin fond de la Creuse, département moins fréquenté que la Côte d’Azur. Avant d’y animer un stage, je n’étais jamais allé à Planechaud, dont j’ignorais même l’existence. D’ailleurs, peu d’humains sur cette planète connaissent Planechaud, et heureusement, car il n’y aurait pas de place pour tout le monde. C’est un hameau où Odile et Patrick accueillent, en 2025 pour la sixième année consécutive, des expositions, associées chaque fois à un stage.

 

Cette année, ils ont choisi les peintures d’Elise pour leur exposition, et ont magnifiquement mis en scène l’accrochage, regroupant les peintures par affinités, soulignant ainsi leur puissance expressive. Cet accrochage, qui a demandé dix jours, a été réalisé sur mesure, avec des panneaux et des cadres confectionnés sur place en recourant à des matériaux de récupération, installant avec force et finesse les peintures au sein de l’architecture brute de la grange.

 

Dans la grange mitoyenne s’est déroulé le stage. À l’arrivée, je découvre un vaste espace où l’on pénètre par un trou en forme de porte étroite dans le mur. Sur un côté de la grange, une haute et large porte coulissante ouvre sur un chemin de terre et la campagne, et sur un autre côté, un mur éboulé mène vers un nouvel espace, où nous attendent divers accessoires intéressants : machines agricoles abandonnées, cheval à bascule, fauteuil de bureau, emballage de jacuzzi avec une grande photo publicitaire d’adultes joyeux, un petit vélo, un broyeur, un mini tracteur, un petit yacht sur cale, etc.

 

L’espace prévu pour l’atelier est quant à lui à peu près vide, hormis quelques chaises de jardin en métal ou en plastique, un empilement de gros ballots de pailles cylindriques, et des tas de bois pour l’hiver. Sur un haut de mur, des casques de chantier sont alignés à côté de guirlandes d’ampoules multicolores et d’une cible pour jeu de fléchettes. Ici et là je remarque des planches diverses par leur matière ou leur dimension, et ce qui s’apparente à des pieds de table ou des bouts de bois pouvant faire office de pieds de table. Le sol est en partie en béton, en partie en terre battue recouverte parfois de bouts de moquette. L’eau nous arrive par un long tuyau d’arrosage avec un embout en pistolet, ce qui réveille en chacun l’esprit d’enfance, légèreté et fluidité. Ici, aucun risque d’évier bouché à cause de la peinture, il n’y a pas d’évier et l’eau s’écoule directement dans le jardin. L’éclairage, entièrement naturel et sans électricité, nous parvient par quelques plaques translucides sur le toit de tôle. C’est du ciel que nous vient la lumière. La climatisation est elle aussi naturelle, assurée par la hauteur sous plafond digne d’une petite cathédrale, et des ouvertures généreuses. Certes, c’est un atelier où l’on ne peut pas organiser de « portes ouvertes », puisqu’il n’y a pas de porte, mais on comprend qu’il est accueillant.

 

Et là, je découvre la créativité de Patrick, qui, avec l’aide d’invités de passage, et équipés de sa visseuse, sa scie circulaire, sa mini tronçonneuse taille sac à main, parvient en une après-midi à transformer cet espace en atelier de peinture pour quinze personnes. Les planches et bouts de bois divers disséminés ici et là sont assemblés miraculeusement en quelques minutes, et deviennent des tables que peu de designers auraient osé réaliser. Les tables sont étroites, ce qui invite à la convivialité, et leur équilibre subtil sur le sol inégal incite à cultiver nos facultés d’adaptation.


Cet atelier est accueillant, mais aussi inspirant.

 

Il y a toutes ces matières et ces formes qu’on y trouve : la paille, constituée d’une infinité de petites lignes droites légères et fragiles, mais compactée pour devenir une grande forme cylindrique lourde et solide. Ces pierres, taillées pour former un mur, ou éclatées puis se déversant en éboulis, pour nous donner une leçon sur l’impermanence des choses. Ce sol en béton qui nous relie au réel par sa dureté, avec ces bouts de moquette à l’état sauvage, pour signifier que le confort, c’est bien mais ça ne suffit pas à donner un sens à sa vie. Ces tas de bois, matière vivante devenue morte, pour se transformer à nouveau en feu, chaleur, énergie. Ces objets disséminés dans la grange, hétéroclites autant que manufacturés, qui racontent chacun une histoire : ils ont été fabriqués, et désirés, utilisés, puis mis de côté dans l’attente d’une nouvelle vie ou d’une fin définitive, tôt ou tard. 


Toutes ces sensations envoyées par ces matières végétales, minérales, ou artificielles, par l’air, l’eau et la lumière qui ne nous parviennent pas comme d’habitude, tout cela constitue une source vive d’inspiration.
 

Improviser un atelier, improviser une peinture
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commentaires
2
Avec les cours en distance comment cela se passe t'il ?
Répondre
P
Tous les renseignements sont sur la page : https://www.peindre-en-liberte.net/cours-de-peinture-en-ligne.html

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